- Dis, tu m'accompagnes ?
- Pourquoi, tu as peur ?
- Tu m'accompagnes ?
- Tu peux me le dire si tu as peur.
- Et si j'ai peur tu m'accompagnes ?
- Tu n'as aucune raison d'avoir peur ma chérie.
- Je n'ai pas peur. Tu m'accompagnes alors?
- Oui bien sûr, si tu veux..
- Non. Enfaîte non, je ne veux pas.
Je le hais. Ses yeux se replongent dans les lignes de son livre. Il est assis dans son grand fauteuil et se croit impressionnant. Il l'est, sans doute.
Je suis agacée. Il réussi à m'agacer. Mes doigts s'agitent les uns autour des autres.
Si j'allume une cigarette, il va m'agacer, me dire que c'est mauvais, me demander d'ouvrir la fenêtre, d'éteindre cette clope, me demandé pourquoi j'ai peur. Mais de quoi aurais-je peur ? Pourquoi veut-il absolument que je sois terrifié à chacun de mes mouvements. Il m'aime quand je suis terrifiée. Il sait me rendre me confiante, me calmer, m'apaiser... Du moins il savait. Je n'ai plus peur, il n'a plus à jouer le rôle dans lequel il aime tant être, et il m'agace.
Comme une adolescente avec ses parents, je ne supporte aucune de ses paroles, et quand il parle c'est pire. J'étouffe, ouvre la fenêtre, joue avec mes doigts, respire, le regarde, le hais.


